Rencontre avec Myriam Mabsoute, créatrice de Maison 1988

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Vous avez sûrement déjà entendu parler de la marque de prêt-à-porter féminin minimaliste Maison1988 ? Si ce n’est pas encore le cas, nous vous offrons une opportunité de vous rattraper !

Nous sommes parties à la rencontre de Myriam Mabsoute, sa créatice, un mardi après-midi. Elle nous a donné rendez-vous au Café Marly en terrasse, au pied du Musée du Louvre. Sans doute était-ce symbolique. Elle vient tout juste de dévoiler sa dernière collection que vous pouvez admirer, mais surtout shopper, sur son site depuis le 08 juin.

C’est alors fatiguée mais très détendue que Myriam s’est livrée à nous à travers un discours à la fois sincère et pétillant.

Bonjour Myriam, est-ce que tu peux nous en dire plus sur ton background ? Comment en es-tu arrivée là ?

J’ai fait des études de Droit, après avoir obtenu mon diplôme j’ai fait un stage dans le milieu et je n’ai pas aimé, je me suis rendue compte que ce n’était pas fait pour moi. Je me suis donc inscrite à la London College of Fashion où j’ai appris à faire du patronage, du modélisme, etc…cela a été une évidence pour moi de créer ma marque de vêtements.

D’où t’es venue l’idée de créer Maison 1988 ?

J’ai toujours été passionnée par la mode et je dessine depuis toujours. Quand j’ai changé de filière, je voulais m’investir dans un domaine qui me plaisait vraiment et c’était la mode, donc j’ai créé Maison 1988.

Le nom de ma marque vient de ma passion pour Maison Martin Margiela qui a été créée en 1988, je suis née en 1988, du coup j’ai fait le rapprochement et…c’était un signe ! (rires). Je pense que Martin Margiela savait à cette époque qu’il y aurait quelqu’un qui l’aimerait autant et c’est moi, voilà ! (rires).

Quelle est la plus grande difficulté à laquelle tu as été confrontée à tes débuts ?

Ben là je débute toujours même si cela va faire 1 an et demi que j’ai créé ma marque. Et c’est très difficile étant donné que je suis toute seule, il faut que je gère à la fois le business, les aspects budgétaires entre autres qui ne sont pas intéressants pour moi. J’aimerai juste rester dans mon atelier à découper des vêtements, à faire des patrons et être tranquille. Donc, je dirai que quand on débute en étant seul est la plus grande des difficultés. Se poser la question à savoir comment faire un shooting alors qu’on n’a pas assez de fonds, toujours être dans la débrouille… à la longue cela devient pesant.

Tu penses que c’est facile de pénétrer le milieu de la mode justement quand on n’a personne autour ?

Non. Ce n’est vraiment pas facile, surtout que j’ai passé 2 ans et demi  à Londres avant de revenir créer Maison 1988 à Paris, ce qui fait que j’ai un peu loupé le coche des soirées, et autres mondanités. Et apparemment dans le milieu de la mode, en tout cas à Paris, il faut sortir tout le temps. Mais je vais vous dire la vérité, après une journée à l’atelier je suis en pyjama à 21h et devant une série. Du coup, je pense que pour intégrer le milieu de la mode, il vaut peut-être mieux ne pas avoir mon mode de vie. Si c’est comme cela qu’on l’intègre, je ne corresponds pas du tout, après j’espère que les gens verront ce que je fais, que ça les intéressera et qu’ils parleront de moi pour ça et pas parce que j’étais dans toutes les soirées parisiennes. Je pense que c’est aussi important de rester qui on est et voir comment cela avance, mais juste en restant fidèle à soi-même.

En 3 mots, comment définirais-tu ton style ?

Hum c’est difficile…En fait on ne peut pas vraiment dire que la marque a une identité car je pense que chaque saison est un peu différente. Il y a un travail sur la coupe qui est différent, du coup on ne peut pas se dire “je suis classique/romantique, hippie/bohème” ou autre… Non, je ne sais pas vraiment où me situer. Ce qui est sûr c’est que je fais des vêtements qui me plaisent et qui plaisent à mes amies donc c’est pas mal minimal. Je travaille beaucoup sur les matières et la coupe.

Où trouves-tu l’inspiration ?

Je suis vraiment inspirée par les années 70… À fond! Les modèles des années 60 également, les Swinging London et tout, c’est ma passion dans la vie (rires). Je passe mon temps à regarder leurs photos, donc il y a pas mal d’inspiration qui me vient de cette époque. Par contre, je ne suis absolument pas inspirée par les années 2000 car je déteste la mode de ces années.
Donc oui plutôt la mode des années 60 et 70 car je trouve que le travail était mieux exécuté, il y a vraiment eu un travail sur le modélisme pendant cette période.

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A qui s’adresse Maison 1988 ?

C’est plutôt large. Quand on se base sur la saison précédente, par exemple, il y a des kimonos pour l’été qui vont un peu à toutes les filles. Cela s’adresse à la fille entre 18 et 30 ans qui veut passer un été simple, sans prise de tête et qui veut juste s’habiller tranquille et être bien dans ses vêtements. Je design plus pour mes copines en fait, donc cela s’adresse un peu à toutes les filles.

Quels sont tes créateurs phares ?

Après Martin Margiela, Azédine Alaïa est pour moi une inspiration constante. Il fait un travail incroyable sur la coupe; il travaille chaque vêtement comme si c’était une oeuvre d’art car il a eu une formation aux Beaux-Arts, du coup il tourne autour du vêtement, il le construit, et c’est cette démarche de construction que je trouve très inspirant.

Qui est ton icône mode ?

Sans hésiter, je dirai Jean Shrimpton! C’est une top model des années 60, l’une des premières à Londres et je la trouve absolument sublime ! Elle est magnifique, et quand elle porte des vêtements elle vous vend l’histoire comme jamais !

As-tu des matières et des teintes de prédilection?

J’aime beaucoup travailler avec la soie, car j’adore l’effet que cela fait quand on la porte. Sinon je n’ai pas vraiment de matière de prédilection. Par contre, il y en a que je déteste, comme le taffetas : c’est interdit !

En fait, je choisis mes matières et avec je fais des mix : avec unetelle matière je vais faire ceci ou cela; tantôt une robe tantôt une jupe. Il faut vraiment que je tombe amoureuse de la matière.

Donc on peut dire que c’est en faisant ton shopping que tu trouves l’inspiration pour tes créations?

Oui. En fait, je dessine beaucoup et du coup je me dis : “bon pour ce top je voudrais un saumon, un rose pâle ou un nude” et généralement quand je vais shopper de nouveaux tissus, j’ai de nouvelles idées encore… Au final, ce n’est pas hyper malin comme choix, mais je fonctionne au coup de coeur.

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Où est-ce que tu shoppes tes tissus ?

Alors pour cette collection, il y a des tissus de Tokyo, j’y ai passé mes dernières vacances et j’en ai profité pour en shopper. On m’en a également ramené d’Inde, sinon le reste vient principalement de la France car j’essaie vraiment d’assurer la traçabilité de mes produits. Je m’efforce au maximum de garder une certaine éthique dans ce que je fais. Donc ils viennent de la France, d’Europe plus largement et au cours de mes voyages.

Quelles sont selon toi les tendances de la saison prochaine ?

Alors là, les tendances de la saison prochaine sont super claires parce que Nicolas Ghesquière a ressorti des placards les années 70 quand il est arrivé chez Vuitton. La forme en “A” sur les modèles avec de grands cols et des pattes d’eph’. Je ne sais pas si vous l’avez remarqué mais dès qu’il a fait ça toutes les marques se sont mises à cette tendance. Du coup, cet hiver nous rappellera certainement nos années collèges, à coup de patte d’éléphant, de bottes et grosses vestes des années 70, on ne verra que ça…avec un mélange des années 90 !

Est-ce que Maison 1988 suivra cette tendance ?

Ben en fait, là je finis tout juste de travailler sur ma dernière collection disponible sur notre e-shop. A la rentrée, je ferai une collection de manteaux et de chemises, suivie de sweats. En fait je fais vraiment ce qu’il me plait ! Je ne suis aucun calendrier, ni aucune tendance. En ce moment, je me concentre sur les manteaux, j’ai commencé à travailler dessus ainsi que sur les chemises. Je fais plus ce qui m’intéresse que suivre la tendance, après je ne sais pas si ça va payer mais bon, c’est pour ça que j’ai arrêté le droit…!

Dernière question, quelle est la gamme de prix Maison 1988?

Alors, il faut savoir qu’il n’y a que ma couturière et moi qui travaillons et absolument tout est fabriqué en France ! En gros, on essaie de faire du “Made In France abordable” du coup pour un top en soie on sera entre 90 et 150 €.

Je pense que nos prix sont en phase avec le marché, et surtout les clientes paient le fait de porter des vêtements MIF et le choix de ne pas s’habiller avec des vêtements faits en Inde par des personnes sous-payées et qui travaillent dans des conditions déplorables. Dépenser intelligemment et ne pas acheter des articles de qualité douteuse, c’est le choix de chacun. Mais je commence à avoir une maturité qui fait que j’ai moins envie d’acheter des articles fabriqués dans ces conditions et me pousse à être un peu plus responsable. Je pense que c’est important de le souligner, car nous devons tous faire un petit effort… C’est comme ça que nous pouvons changer les choses.

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Top destructuré

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Jupe asymétrique taille haute

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Top en soie Nude

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